Scènes 13, 14

Toudi mensuel n°18-19, mai 1999

Scène 13

Fernand SCHREURS - Les solutions proposées pour liquider le problème wallon peuvent se grouper en quatre catégories :

1. Le maintien de la structure unitaire de la Belgique avec quelques modifications plus ou moins importantes.

Il est fort peu de Wallons qui estiment devoir réclamer le maintien pur et simple de cette structure.

2. Le fédéralisme. L'autonomie de la Wallonie dans le cadre de la Belgique - le fédéralisme - compte de nombreux défenseurs, soit que ces défenseurs la considèrent comme le meilleur remède à nos maux, soit qu'ils l'admettent comme un pis-aller provisoirement acceptable.

LE "BELGE" - Le fédéralisme est le début d'une séparation qui ne fera que s'accuser avec le temps et aboutira à la destruction de la Belgique !

PRESIDENT MERLOT - Mesdames, Messieurs, vous aurez la parole. Chaque thèse sera défendue par ses partisans avant de passer aux votes.

Fernand SCHREURS - Troisième solution : l'indépendance complète de la Wallonie. Sans doute un tel Etat, petit par l'étendue et le nombre d'habitants, ne pourrait vivre dans l'isolement mais peut-être pourrait-il être l'un des éléments d'une fédération européenne. Les indépendantistes estiment que la Belgique doit disparaître et que la Wallonie doit se séparer définitivement de Bruxelles et de la Flandre pour former un Etat pleinement souverain, libre de se donner le roi ou le président qui lui convient.

L'INDEPENDANTISTE - Un président !

Fernand SCHREURS - Des Wallons croient que la réunion de la Wallonie à la France est le seul moyen d'assurer leur destin de peuple libre.

Mesdames, Messieurs,

Le Congrès national wallon se réunit pour trouver une solution. Il faut une solution.

Nous sommes tous Wallons.

L'heure est dangereuse.

Puissiez-vous trouver la force de renoncer à vos préférences personnelles et à vos intérêts particuliers pour réaliser l'unité,

que redoutent nos adversaires

et qui demain assurera la victoire.

 

La Salle, debout.

Longue ovation

On le félicite.

 

 

 

Ssène 14

 

PRESIDENT MERLOT - Mesdames, Messieurs,

Je crois être l'interprète du Congrès unanime en remerciant Monsieur Schreurs, notre secrétaire général, du rapport objectif, totalement objectif qu'il a fait devant notre Congrès. Je l'en remercie et je l'en félicite.

Il s'agit maintenant d'organiser nos travaux, d'y mettre du bon ordre et d'essayer de ne pas perdre de temps.

J'ai groupé les orateurs en raison de la tendance qu'ils veulent défendre devant le Congrès.

Aujourd'hui, le débat doit avoir lieu sur la défense des positions sentimentales qui se résument dans les quatre grands postulats énoncés tout à l'heure.

Ce soir, après débats clos, il y aura un premier vote grâce aux bulletins rouges qui vous ont été remis et où le Congrès pourra se départager entre les partisans de chaque thèse.

Enfin, un second vote aura lieu immédiatement après de façon à permettre le regroupement raisonnable, intelligent, volontaire sur une formule.

LE "BELGE" - Les débats de cet après-midi vont donc se limiter à la recherche d'une solution de principe ?

PRESIDENT MERLOT - Non, non ! Pas du tout !

Il s'agit pour chacun d'exposer librement son point de vue.

Mais, par avance, je dis au Congrès que nous avons prévu deux votes.

Après nous être comptés, au premier tour, sur chacune des résolutions défendues, au cours du second vote, nous pourrons rallier autour d'une motion le plus de partisans possibles.

Monsieur René Thône, député permanent du Hainaut, a demandé la parole.

Suite de la pièce : Le Coup de semonce